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Anciens combattants

Commémorations de la fin de la Guerre 1914-1918

Hommage à un ancien élève

 

A l’occasion des commémorations qui marquent le centenaire de la fin de la Guerre 1914-1918 le Collège Saint François Xavier  veut rendre hommage à un de ses anciens élèves mort sur le champ d’honneur : L’Abbé Dominique Charo.

L’Abbé Dominique Charo naquit à Tardets le 31 aout 1888. Apres les premiers apprentissages à l’école de  Tardets, il entre au collège de Mauléon pour commencer ses études de latinité qu’il achève au petit séminaire de Larressore ; études couronnées par les diplômes de bachelier ès-lettres et en philosophie. Il fut formé par le Chanoine Pouret et Monsieur le Chanoine Abbadie.

Il entra ensuite au grand séminaire de Bayonne et fut ordonné prêtre en 1913. L’évêque de Bayonne, Mgr Gieure lui demanda d’aller à Toulouse afin d’y préparer une licence ès-lettres à l’Institut Catholique de Toulouse.

Il fut mobilisé au moment du déclenchement de la Guerre, et partit sur le théâtre des combats comme sous-lieutenant à la 4ème compagnie du 49ème Régiment d’Infanterie.

C’est quelques jours après son engagement dans la guerre, qu’au cours d’un combat, un éclat de shrapnel le blessa mortellement.

Nous retranscrivons ici trois lettres écrites par l’abbé Charo. Elles témoignent des souffrances inhumaines endurées par tous les soldats qui ont combattu pour la France ; elles disent aussi la foi profonde qui animait ce prêtre soldat.

Ces trois lettres veulent être le témoignage reconnaissant  de tous les élèves du Collège Saint François Xavier à la mémoire de leur courageux ainé en cette année de commémoration de l’Armistice la Grande Guerre.

 

Cette première lettre a été écrite, le 7 septembre 1914 par l’Abbé Charo à l’Abbé Mounier, vicaire à bordeaux et lieutenant dans le régiment où officiait l’Abbé Charo :

« Mon cher ami

Je t’ai remercié de la lettre si pleine d’amitié pour moi. Je le fais encore pour que tu saches plus sûrement combien elle m’a fait du bien. Quelle triste chose que la guerre ! Nous voyons depuis vingt jours le spectacle navrant de gens affolés, malheureux, qui fuient devant l’invasion. L’armée, elle, tient bon. Quelle contrainte douloureuse de ne pouvoir te dire un mot de notre campagne ! Depuis vingt jours nous ne discontinuons pas de nous battre. Aujourd’hui encore il va falloir en découdre. A la garde de Dieu ! J’ai déchiré un à un tous les liens qui me rattachaient à la terre ; le sacrifice est complet. Nos souffrances sont très grandes ; mais quand avec tout cela, nous aurons fait de la gloire et de la paix pour notre pays, quelle joie de les repasser dans le souvenir à côté de nos amis !

A Dieu ! Je t’embrasse

Dominique Charo[1] »

 

Les deux lettres suivantes ont été écrites le 6 et le 7 septembre par M. L’Abbé Charo à ses parents :

« Dimanche, 6 septembre.

 Ma lettre vous réunit tous comme vous réunit aussi mon affection. J’ai reçu des nouvelles de vous tous ; merci. Quel bien cela me fait ! Je songe souvent, bien souvent à vous, durant les marches où la fatigue n’arrive pas à tuer le souvenir, dans les longues veilles que le froid nous ménage. Mais au moment de nous battre je fais taire toutes ces voix amies qui me rattachent à la terre ; elles risqueraient de m’amollir, et puis ce serait inutilement multiplier la souffrance.

J’ai déjà fait deux fois le sacrifice de ma vie, mais là, bien complet et sans retour en arrière. Dieu n’en veut pas encore. Jusques à quand ? Pour le temps qu’il voudra. Aujourd’hui encore je crois bien qu’il me faudra songer à bien mourir ; le jour est à peine commencé et le canon gronde déjà, venant vers nous.

Je voudrais pouvoir vous raconter par le menu tout ce que nous faisons, je sens votre curiosité sur ce point très vive. On nous met un cadenas aux lèvres sous peine de supprimer notre correspondance. Vous voyez que c’est la plus dure sanction qui puisse nous menacer, et pour l’éviter je reste plutôt en deçà des limites de la discrétion demandée. Quelle triste chose que la guerre ! Nous voyons le spectacle navrant de gens que chasse l’invasion, de petits enfants que leur mère emporte sous la pluie, dans des châles tout mouillés. Je ne parle pas de nos souffrances à nous. Mais enfin tout cela n’est rien pourvu que le pays vive : c’est avec joie que nous ensemençons de quoi récolter de la gloire et de la paix…

Mon camarade lieutenant de ma compagnie, est grièvement blessé. Autour de moi aussi beaucoup sont tombés, le                    est déjà très éprouvé et ce n’est pas fini : A la grâce de Dieu ! Mais si j’en reviens, quelle joie de vous revoir et de repasser avec vous toutes les misères que j’aurai traversées.

Au revoir mes bien aimés, si ce n’est pas sur la terre ce sera dans le ciel. Quel don admirable que notre foi chrétienne ! 

Dominique Charo[2] »

 

Le 7, l’avant-veille du jour où il devait être frappé à mort par une balle reçue en pleine tête, il écrivait cette dernière carte à ses parents :

« Merci de vos bonnes lettres. Quelle joie, mon Dieu, quelle joie d’entendre ces voix aimes alors qu’on est dans le coude à coude perpétuel avec la mort. Ecrivez-moi souvent, faites-moi cette aumône ! Je vous embrasse bien affectueusement. Bientôt la quatrième grande bataille. 

Dominique Charo[3] »

 

Le récit de ses derniers instants est fait par  M. Mathieu, directeur du Grand Séminaire, qui était présent sur les lieux :

« Hier, il m’a été donné d’assister au spectacle le plus pénible de la campagne. Au moment où j’allais commencer le transport de certains blessés, atteints la nuit précédente, un aumônier est venu m’avertir qu’un prêtre landais (sic) se mourait à la sacristie. J’y suis allé aussitôt  et j’ai vu un jeune sous-lieutenant, étendu sur un brancard, la tête cachée par son mouchoir. J’ai soulevé le mouchoir et n’ai pas reconnu le mourant. L’infirmier qui était à côté de lui m’a appris son nom : c’était Dominique Charo ! Il était frappé d’une balle au crâne. Transporté dans une église, à six heures du matin, il y a vécu dans le coma jusqu’à 1 heure de l’après-midi. Le curé du village a pu lui donner l’extrême onction. C’était Monsieur Laplume, vicaire de Tardets, qui l’a assisté jusqu’au dernier moment sans parvenir, je crois à se faire reconnaitre du pauvre agonisant*. A un moment donné, M. Laplume lui ayant adressé quelques mots en basque, Monsieur Charo a fortement pressé la main de son ami et s’est efforcé de diriger vers lui un dernier regard.

Nous l’avons enterré ce matin dans une fosse à part. La cérémonie a été d’une émotion intense. M. Narp a dit les dernières prières et plusieurs prêtres du diocèse ont transporté la dépouille du pauvre abbé. »[4]

*M. Charo était né à Tardets et M.Laplume est vicaire à Tardets au moment de la Guerre.

 

Nous laisserons la conclusion de cet article à M. L’abbé de Menditte, curé doyen de Tardets qui prononça l’éloge funèbre de l’abbé Charo :

« Il reste, là-bas, couché dans le cimetière d’un petit village de Seine-et-Marne, le corps inanimé du très cher et unanimement regretté Raymond-Dominique Charo, prêtre et soldat, prêtre et officier, mort au Champ d’honneur ! Il reste le souvenir d’une vie courte mais bien remplie qui fut un exemple de vertu et de bravoure, non seulement pour la jeunesse mais aussi pour tous les âges Iste quidem hoc modo decessit non solum juvenibus sed et universae genti memoriam mortis suae ad exemplum virtutis et fortitudinis derelinquens (Voilà comment cet homme mourut. Par une telle fin, il laissait non seulement aux jeunes, mais aussi à la majorité de son peuple, un exemple de courage remarquable, de ferme comportement, digne d’être gravé dans les mémoires.) (Lib. Mach. II, VI, 31) »[5]

 

[1] Bulletin Religieux du Diocèse de Bayonne, N°39, 27/09/1914, Archives Municipales de Bayonne

[2] Bulletin Religieux du Diocèse de Bayonne, N°39, 27/09/1914, Archives Municipales de Bayonne.

[3] Bulletin Religieux du Diocèse de Bayonne, N°39, 27/09/1914, Archives Municipales de Bayonne.

[4] Bulletin Religieux du Diocèse de Bayonne, N°39, 27/09/1914, Archives Municipales de Bayonne

[5] Eloge funèbre de M. l’abbé Charo par M. de Menditte, curé-doyen de Tardets, Bulletin religieux du Diocèse  de Bayonne, N°40, 4/10/1914. Archives Municipales de Bayonne

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Calendrier :
15/11 : Brevet blanc maths & sciences (matin) puis histoire-géographie (après-midi)
16/11 : Brevet blanc français (matin)
23/11 : Fin 1er trimestre
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